On lit quoi ?

Les fureurs invisibles du coeur, John Boyne.

novembre 1, 2018

La plus grande tragédie de ce roman ? L’humain. Sa jalousie, ses préjugés, son sentiment de supériorité, son avidité, ses passions, ses désirs, ses amours et ses amitiés.

Tout commence lorsqu’une jeune femme est bannie de son village par le prêtre de la paroisse. Neuf-mois plus tard, Cyril est adopté par une famille aisée et excentrique, les Avery. Comme Monsieur et Madame Avery ne cessent de lui répéter, Cyril ne sera jamais un Avery. Il vit avec ses parents adoptifs tel un colocataire que l’on ignore. Pas d’amour, mais pas de haine. Cyril est là, c’est tout. Il grandit seul dans ce foyer étrange. Lors de septième année, Julian, garçon du même âge, arrive dans sa vie. Pendant sept ans, les deux garçons ne se reverront pas. Pourtant, cela n’empêche pas Cyril de toujours penser à ce garçon fier, intelligent et sûr de lui. Julian est le premier garçon dont il tombera amoureux. Un amour à sens unique et obsessionnel. Un amour tenu secret, parce que Cyril sait pertinemment quel sort est réservé aux homosexuels en Irlande.

Aimer quelqu’un du même sexe que soit est un crime pour les Irlandais du XXème siècle. Lorsqu’ils ne sont pas jugés ou intégrés de force dans un hôpital psychiatrique, ils sont tabassés à mort dans la rue. Cyril n’a pas le droit d’être lui même et va devoir faire des choix difficiles et ceci auront souvent de lourdes conséquences. Il n’est pas tous les jours courageux et l’amertume fait souvent partie de ses meilleurs amis. C’est tous les sept ans qu’il nous ouvre les portes de sa vie. Nous suivons son évolution, nous découvrons ses rencontres, ses amours, ses peines et ses joies.

Suivre sa vie a fait de ma lecture, une des plus bouleversantes qui soit. C’était si dense, qu’il était nécessaire que je lâche prise à la fin, les larmes ont alors coulé toutes seules. Pendant plus de soixante dix ans, nous sommes aux côtés d’un homme, avec toutes ses qualités mais aussi ses défauts. Il n’est pas exempt de fautes ou de regrets. Ces choix sont parfois synonymes de lâcheté mais les regrets qu’ils éprouvent font de lui une belle personne. C’est un homme bon qui a seulement eu la malchance de naître dans un contexte où les homosexuels n’ont pas leur place. Vous savez le plus triste ? Aujourd’hui, même s’il y a eu des grandes et belles avancées, certains trouveront toujours le prétexte et le moyen de pourchasser ceux qui sont différents d’eux. Et c’est un procédé qui me rend chaque jour perplexe, surtout triste et en colère.

Les fureurs invisibles du coeur est un roman exceptionnel. C’est une histoire qui bouillonne en nous. Elle se répercute dans notre esprit, nous fait réfléchir ( nous fait grandir ? ), elle nous plonge dans une Irlande régie par les règles d’une Eglise réfractaire et autoritaire. Outre Cyril, John Boyne créé des personnages complexes auxquels nous nous s’attachons avec force. Il y a tout d’abord Julian, puis Alice, Bastiaan et enfin la mère de Cyril. Ses apparitions sont comme réconfortantes, sans le vouloir et sans le savoir, elle est souvent aux côtés de son fils.

Un profond coup de coeur.  

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