On lit quoi ?

Le vent en parle encore, Michel Jean

Souvent, certains livres mettent en lumière des faits d’Histoire, un peu, voir beaucoup délaissés par l’enseignement classique. C’est histoires font parties de celles qui me restent le plus en mémoire, comme Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys, ou encore ma dernière lecture Le vent en parle encore de Michel Jean.

Si le sujet de ce récit ne m’était pas inconnu puisque j’avais déjà lu Le pensionnaire, j’ai encore une fois été outrée par la cruauté faite aux enfants par une population dite « civilisée »…

« Audrey, jeune avocate en droit des affaires, doit chaque année offrir ses services à une personne en difficulté. Elle décide cette fois de s’occuper des anciens « élèves »  d’un pensionnat autochtone : Fort Georges. »

Au début du XXème siècle, le gouvernement canadien décide qu’il serait temps d’éduquer les enfants des Premières Nations. Alors que ces derniers vivent du mieux qu’ils peuvent, en tentant de perpétuer leurs traditions dans les réserves, où la vie n’était pas toujours rose, ils sont envoyés du jour au lendemain à des milliers de kilomètres, dans des écoles austères dirigées par des religieux. On leur coupe les cheveux alors que porter les cheveux longs a une signification très importante dans leur culture. On les habille comme des Blancs, on leur interdit de parler leur langue, on les bat, on les viole… Bref, on tente de les déraciner totalement, de leur enlever leur âme, leur famille, leurs origines : de « tuer l’indien en eux ».

En 2008, Stephen Harper s’excuse publiquement au nom du gouvernement canadien pour les sévices perpétués dans ces écoles (en excluant les élèves des pensionnats de Terre-Neuve-et-Labrador, ces derniers ayant existés avant que la province ne rejoigne la Confédération en 1949). Les anciens pensionnaires ont le droit à une indemnité. Or, beaucoup ne la perçoivent pas. Audrey va alors essayer de réparer cela en contactant tous les anciens élèves encore vivants du pensionnat de Fort Georges. Trois noms retiennent son attention, celui de Virginie, Thomas et Marie. Deux ont totalement disparus. Ils sont entrés au pensionnat et depuis on ne les retrouve nulle part. L’avocate part alors à leur recherche. Elle va découvrir leur histoire et comment le séjour dans ce pensionnat a détruit leur vie.

C’est effrayant de lire toutes les maltraitances que ces enfants ont subit. C’est d’autant plus révoltant lorsque l’on sait que tout ceci est vrai. Beaucoup d’incompréhensions, de colère, de sentiment d’injustice. Une certaine catégorie de personnes a décidé de détruire la vie d’autres hommes et femmes, simplement parce qu’ils se sentaient supérieurs.

Malgré toute la terreur décrite dans ce récit, l’auteur arrive à créer du beau. Après tout, il s’agissait seulement d’enfants qui voulaient vivre normalement. C’est un roman court mais brutal. Il révolte et il émeut beaucoup. La plume a un côté très poétique et loin d’adoucir les violences décrites, elle permet justement de les renforcer.

Un récit qui rend hommage à toutes les victimes de ces institutions. L’auteur parvient en quelques chapitres à rendre inoubliable ces trois enfants et je pense que l’objectif du devoir de mémoire est réussi avec cet ouvrage. Désormais, ces enfants ne sont pas seulement des victimes mais des êtres humains avec une histoire.

Aussi, l’auteur met en évidence les conséquences au long terme de cette éducation forcée. De nombreux éléments s’expliquent alors sur le présent des Amérindiens dans les réserves et sur l’image que nous pouvons avoir d’eux. 

Une lecture d’une grande importance. 

A très vite, pour ma chronique de Mille femmes blanches.

PS : Que lisez-vous en ce moment ?

Un commentaire

  • Chicky Poo

    C’est intriguant mais vu l’ambiance morose, j’avoue que je me concentre plus sur des lectures plus « légères », loin de la réalité 😉 Cela dit, il a l’air intéressant ce bouquin !

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