On lit quoi ?

La Perle et la coquille, récit de la condition féminine en Afghanistan

septembre 11, 2018

Un roman terriblement passionnant qui dresse un tableau de la condition des femmes en Afghanistan au début du XXe siècle et de nos jours.

Le malheur de Shekiba et Rahima est d’être nées femmes dans un pays ou ces dernières sont soumises à la loi des Hommes. L’une est née au début du XXIe siècle, l’autre vit dans les années 1900. Plus d’un siècle sépare ces deux femmes, pourtant leur seule chance de survie a été de se travestir en homme.

Le père de Rahima violent et drogué à l’opium interdit à ses filles de sortir sans lui. Le seul espoir de la famille réside dans la vielle tradition des bacha posh qui autorise les filles, jusqu’a leurs premières règles, à se faire passer pour un garçon. Les cheveux de Rahima sont coupés, ses jupes sont remplacées par des pantalons. Rahima est maintenant Rahim. La fillette découvre alors une liberté qu’elle n’avait jamais touchée. Jouer au foot, se promener dans la rue sans danger, aller à l’école… Un désir d’indépendance et de liberté se forme dans le coeur de la jeune fille. Le même désir qui était logé dans le coeur de son ancêtre Shekiba.

C’est une lecture enrichissante et si bouleversante. Nous plongeons dans un monde où les filles sont mariées de force à treize ans, où les hommes ont le droit d’avoir 3, 4 ou 5 épouses, où le seul rôle des femmes est de procréer des garçons. Certaines sont résignées, d’autres n’ont plus aucun espoir et mettent fin à leurs jours. Mais certaines souhaitent choisir leur vie. Le roman de Nadia Hashimi est fait de moments forts, durs et tragiques. La religion et la tradition sont les fils conducteurs de la vie de ces femmes. Nous sommes portés dans un contexte qui nous révolte. On a envie de crier à l’injustice. Certes, les droits de femmes ont considérablement évolué depuis 2001, mais leur liberté déjà infime est encore trop faible et peut basculer en quelques minutes. Surtout, cette avancée reste majoritairement cantonnée dans les grandes villes. 

L’auteure donne la parole à ces femmes. L’histoire de Shekiba se lit comme un conte, sauf qu’ici aucun prince ne viendra sauver la jeune fille en détresse. Il m’a été impossible de stopper ma lecture, je voulais continuer de lire jusqu’à ce que nos deux personnages arrivent à être heureuse ou alors parviennent au moins à entrevoir une lueur d’espoir. Parce que l’on arrive à tel point, que l’on se contenterait presque d’un rien, d’une infime petite avancée, d’une infime goutte d’eau. Mais nous avons espoir que cette goutte d’eau fasse tout chavirer et emporte avec elle tous les malheurs des héroïnes. Ce roman ce fut pour moi une rencontre avec un monde, des traditions, un mode de vie qui m’échappent et m’interrogent.

 

Une lecture qui ne laisse pas indemne.

Un coup de coeur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *